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Un autre rêve américain © virgile jourdan

"Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus !"    Pina Bausch

revue de presse Eric Oberdorff

DANSER (France) - avril 2012 par Philippe Verrièle

Enola's Children suivi de Libre/reload par Eric Oberdorff

Le premier de ces deux solos, servi par un Gildas Diquero hiératique à souhait, évoque un Japon forcément grave. La pièce est ancienne, vieillit bien et garde sa puissance d’évocation.

Le second, relecture d’un quatuor de 2008, se veut abstrait comme une étude. Mais ici, portée par l’étonnante Emma Lewis, comme habitée d’un univers grave et prégnant, cette pièce prend un sens curieux. Du mur du fond où elle apparaît collée, au chemin lumineux qu’elle suit, la danseuse jouit certes de sa liberté de mouvement, mais chacun de ceux qu’elle hasarde semble le fruit d’un pari grave jusqu’au douloureux. La gestuelle fluide et libérée heurte l’intention, austère jusqu’au sombre. Et l’on ne peut s’empêcher d’y voir une manière de métaphysique dansée d’une belle facture.



LA STRADA n°162 (France) - 17 octobre / 6 novembre 2011 par Valérie Juan

L' humain au cœur de la danse

En quelques années, le Compagnie Humaine, créée par Éric Oberdorff, a réussi à imposer sa propre vision de la danse. En présentant ses pièces sur les scènes françaises mais aussi en Europe, ou en participant à des créations pur les étudiants, comme tout récemment pour le Département Danse de l'University of North Carolina, la Compagnie Humaine écrit son histoire, tout en privilégiant la ville de Nice qu'elle a choisie comme port d'attache. Le TNN l'accueille donc durant trois jours avec deux chorégraphies qui permettent de mettre en valeur la pluralité artistique choisie, véritable fil conducteur de la compagnie depuis sa création. Le film documentaire "Sur la route de Petrouchka" est une démarche originale dans laquelle la vidéo met la danse au cœur d'une histoire à caractère social. Que ce soit lutter pour s'intégrer ou lutter pour vivre comme dans "Un autre rêve américain", chaque pièce fait le choix de placer au centre de sa création l'importance de l'être humain.



DANSER (France) - novembre 2011 par Isabelle Calabre

avant-première

Festival de Danse de Cannes

… Les nouvelles mythologies sont le fil rouge adopté par Frédéric Flamand, directeur du Festival de Danse de Cannes. Un thème Transversal et un résultat très éclectique...

… Aux mythologies liées au corps, il ajoute celles de l'Image, présente dans de nombreuses chorégraphies, et celle de la Technique comme outil et grammaire. Une façon de questionner en creux la place spécifique de la danse, au travers de pièces aussi différentes qu'inspirées.

En six jours jours, sont présentées pas moins de quinze spectacles dont, en ouverture, une création de la Compagnie Humaine, Butterfly Soul. Produit par le festival, cet autoportrait dansé doublé d'images virtuelles explore, selon son auteur Eric Oberdorff, l'état de fragilité de l'artiste...



MONACO HEBDO (Monaco) - novembre 2011 par C.B.

Le Théâtre National de Nice présente, du 19 au 21 octobre prochain, Un autre rêve américain, pièce chorégraphiée par la Compagnie Humaine. C'est le jeune chorégraphe Éric Oberdorff qui propose cette pièce pour un quatuor de danseurs : trois femmes et un homme. Son credo ? Raconter la fragilité de ceux que la vie n'a pas épargnés. La gestuelle, délicate et ronde, est vite électrisée par des accès incontrôlés de bruit et de fureur. La danse monte en puissance, retrouvant vite un esprit rock, notamment grâce à un fond musical emprunté à Tom Waits, John, Cage, Billie Holiday et Patti Smith. Les ambitions politiques de la société de consommation made in USA sont mises en exergue, les textes de Kerouac, Bukowski, Brautigan et même Whitman, qui incarnent la beat generation, venant se superposer aux pas de danse. Le but d'Oberdorff ? "Inscrire sa danse dans une tradition contre-culturelle". Et il y parvient avec brio.



CESAR (France) - novembre 2011 par Philippe Dejardin

Eric Oberdorff : Une Compagnie Humaine

Eric Oberdorff  a fondé La compagnie humaine en 2002 à Nice après avoir remporté le Premier prix du Concours international des jeunes chorégraphes de Hanovre. Il présente actuellement ses dernières créations à Cannes et Grasse. Rencontre.

Comment avez-vous choisi la danse ?

La danse m'a choisi. Je faisais du judo et j'allais chercher ma sœur aux cours de danse. Un jour, avec ses copines, elles n'arrivaient pas à exécuter un exercice. J'ai dit à ma mère : « je ne comprends pas pourquoi elles n'y arrivent pas, c'est tellement simple ». Elle l'a répété au professeur et elles ont décidé de me mettre au défi la semaine suivante. J'y suis arrivé. Tout le monde a été bluffé. La responsable a insisté pour que je revienne en disant que j'étais doué. L'école de danse se trouvait entre ma cité à Villeneuve-Loubet et l'école. Deux fois par semaine, j'étais le seul garçon qui traversait la rue sous le regard des autres mais j'ai continué à faire du judo.

Il fallut déjà se blinder contre les moqueries. Trois mois après, j'étais sur la scène pour le spectacle de fin d'année et je me suis dit que je ferais tout pour y revenir. J'ai dû continuer à affronter la raillerie de mes camarades musiciens au lycée musical qui pensaient que les garçons faisaient comme eux et que la danse était réservée aux filles. Je venais de rentrer au conservatoire de Nice d'où je suis sorti avec un premier prix avant d'aller chez Rosella Hightower.

L'essentiel de votre carrière s'effectue chez un certain Jean-Christophe Maillot ?

Oui, dix ans avec quelqu'un d'une grande intelligence qui, d'une compagnie de niveau national, en a fait une de niveau international. Nous avons le même goût pour la musique et l'interdisciplinarité des arts. Ce foisonnement m'a énormément appris ainsi que sa rigueur dans le travail.

En matière de style, je n'ai « ni dieu ni maître » car je vais voir beaucoup de choses et pas seulement au niveau chorégraphique. Mon parcours atypique, avec la pratique des arts martiaux jusqu'à 27 ans, m'a donné un rapport au sol, à l'autre, notamment pour les contacts en duo, la situation de chacun dans le groupe et la manière d'y rentrer. La pratique du théâtre m'a aidé comme dans l'appréhension du verbe juste qui aide à trouver le geste juste.

Votre Premier prix au Concours international de jeunes chorégraphes de Hanovre en 2001 fut un déclic et un sésame ?

J'avais envie de dire des choses mais ne savais pas si c'était pertinent. Je ne voulais pas m'engager comme chorégraphe uniquement pour faire survivre ma carrière de danseur. J'ai été surpris d'être sélectionné sur cassette vidéo dans les dix finalistes parmi les cent vingt candidat(e)s. Et encore plus qu'un jury de très grands professionnels m'attribue le 1er Prix ! Cet accueil des professionnels fut très important. Il a engagé une réflexion et m'a conforté dans ma démarche. Il m'a ouvert des portes.

La Compagnie Humaine porte un nom qui sonne comme un acte militant ?

Je ne voulais pas une Cie avec mon nom, je voulais quelque chose de rassembleur, un croisement des différentes disciplines. C'est peut-être un peu prétentieux mais la réflexion de Martin Schläpfer « Never have cheap dreams » (Ne pas avoir de petits rêves) m'a guidé sur la voie d'être une Cie où le rapport à l'autre est la pierre angulaire d'une démarche.

Avec vos pièces, on colle à l'actualité ?

Je suis un observateur du quotidien sans tomber dans l'instantané historique. Je rejoins Jiri Kylian qui dit ne pas être intéressé d'apporter des réponses mais plutôt de poser les bonnes questions. Je ne conçois pas mon rôle d'artiste sans engagement. Le corps est un médium universel qui parle à tout le monde.

Vous présentez deux créations à Cannes et Grasse (1).

L'une à partir de la métaphore du vol du papillon, Butterfly Soul (2) à Cannes parle des états émotionnels d'un artiste lorsqu'il crée. L'autre, Léviathan, à Grasse décrit six personnages en état d'urgence, la disparition de l'eau avec un texte qui s'appuie sur le protocole de Kyoto et le Moby Dick de Melville et évoque la place de l'homme dans l'Univers.

La compagnie aura dix ans en 2012 ?

L'occasion de poser un bilan. Nous avons maintenant une convention renouvelable de trois ans pour un accueil au Conservatoire de Nice. Depuis un an nous disposons de bureaux dans le Vieux Nice (2), face au célèbre Palais Lascaris, dans l'ancienne galerie du Château abandonnée depuis deux ans et que la direction des affaires culturelles nous a confiée pour lui redonner vie. Non seulement ils sont transparents mais nous y organisons des expositions en lien avec nos spectacles.


Propos recueillis par Philippe Dejardin


(1)  Butterfly Soul dans le cadre du Festival de la danse de Cannes (cf César n° 302 et www.cesar.fr). Le teaser vidéo de cette création vient de recevoir le Premier prix du Cornwall Film Festival, placé sous l'autorité de Mike Leigh, dans la catégorie Dance Camera


(2)  Exposition visible du mardi au vendredi de 14h à 16h. 04 89 03 95 34





DANSER magazine (France) - décembre 2010 par Bérengère Alfort

La Compagnie Humaine

Basés à Nice, Eric Oberdorff et sa complice Cécile Robin Prévallée créent sur un mode subtil des pièces aux thèmes universels.

D'entrée de jeu, on est saisi par la portée sensible et l'engagement émotionnel du travail de ce chorégraphe inclassable dans le monde de la danse.

Ainsi, une pièce comme Absence a pu révéler en douceur, par une rondeur des gestes et une interaction subtile entre les interprètes, la douleur de celui qui tente, peut-être en vain, d'aider autrui en période de deuil. Sans enjeu spectaculaire autre que celui d'être le véhicule d'un sentiment universel. Car ce qui compte pour notre artiste, c'est « de ne pas oublier le public et ses attentes, sans pour autant créer ce qu'i a, a priori, envie de voir. Je ne suis pas de ceux qui reçoivent des subventions pour faire de la recherche pure et sont loin de penser, en processus de maturation d'un projet, que ce qui importe, c'est que le spectateur s'y retrouve et reconnaisse ses doutes, ses sentiments, voire ses angoisses ». Et l'angoisse, la peur sous sa forme universelle et protéiforme, est précisément l'enjeu de sa prochaine création Léviathan.

La pièce entend partir du thème de la peur de l'autre, la peur du manque d'eau aussi, puisque la base est la lecture de Moby Dick.

L'homme dans l'univers et son appréhension naturelle de l'inconnu, de la mort, et de celui qui est différent. Pour rendre tangible cette perspective, Eric Oberdorff se met lui-même en danger, puisqu'il lâchera prise davantage que dans ses techniques de travail précédentes, en laissant libre cours à l'improvisation de ses interprètes.

Une cohérence entre œuvre et existence qu'il assume : «On peut s'étonner du fait que moi, qui viens de l'Opéra de Paris, des Ballets de Monte-Carlo notamment, qui ai créé des pièces pour le Ballet de Marseille entre autre, donc des structures importantes (je me souviens du Ballet de Mainz, où j'ai été touché qu'on me montre un respect infini et une confiance proche du chèque en blanc), je puisse aussi m'aventurer à créer un film* sur Ibrahim Hassani, un jeune de quartier difficile au parcours d'oiseau blessé, qui voit sa conscience émerger dans la danse. Ibrahim m'a marqué dans mon parcours en tant qu'être humain dont le mouvement est la planche de salut ».

Cette cohérence va, aussi, dans le sens de créer une performance pour le Macval, mais également la Macc de Fresnes, avec pour interprète solo son assistante et danseuse proche, Cécile Robin Prévallée. « Cela fait partie de notre engagement d'accepter des projets d'envergures sociales différentes. »

Pour la danseuse, l'implication a signifié de façonner une expérience en interaction avec le lieu, habiter l'espace par une poétique expressive envoûtante, où la gestuelle est léchée quoique partiellement improvisée, évoquant à l'envi Kylian, dont elle fut l'interprète, nourrie d'une tradition de soliste de base classique, mais aussi d'animer des ateliers avec des femmes maghrébines qui ne parlent quasiment pas français.

Pour elle, qui fut choisie par Joëlle Bouvier au Ballet du Grand Théâtre de Genève pour incarner Juliette, par Béjart pour le rôle de l'Elue du Sacre, par Belarbi ou Kelemenis pour ne citer qu'eux, le défi est le mot d'ordre : « Je ne conçois pas une carrière artistique sans mise en danger ni remise en question. Si j'ai choisi de quitter la vie de compagnie de ballet, c'est pour faire du sens et refuser de me laisser porter par la facilité. Au contraire d'Eric, je ne me sens pas chorégraphe car mon intelligence est plus instinctive que son désir de construire, mais je me perçois investie d'une responsabilité, celle de me frotter à des univers artistiques économiques et sociaux différents. Ce sans quoi mon art mourrait étouffé par la complaisance… » 

On l'aura compris, l'équipe joue pleinement la carte de l'intégrité.


* Sur la route de Petrouchka, 2008



IMMO LUXE (France/Russie/Angleterre/Italie) - novembre/décembre 2010

Internationale Tanzmesse Düsseldorf

La huitième édition de l'une des manifestations les plus importantes au niveau international en danse a battu son plein, du 25 au 28 août, à Düsseldorf. Nous y étions. L'occasion de faire le point sur le paysage mondial de l'art vivant.

A priori rien ne prédestinait l'Allemagne (comptant moins de compagnies et de subventions qu'en France) à être le berceau de promesses et de paris en matière de danse contemporaine. […] La philosophie de cette célébration internationale est l'égalité et la disponibilité rivalisent de souples combinaisons de corps. […]

Si l'Europe et la France sont bien présents, notamment avec la Compagnie Humaine et son magique duo sur l'absence, l'impuissance relative de l'aide altruiste dans le deuil, on a également la tête qui tourne de voir se croiser des Taïwanais […] et des Américains […]



DANSER magazine (France) - octobre 2010 par Bérengère Alfort

La Tanzmesse à Düsseldorf

La huitième édition de cette grande foire de la danse internationale a fermé ses portes le 28 août. 230 exposants, 29 pays représentés, 300 compagnies connues ou émergentes... Un beau bilan.

[…] On découvre aussi des compagnies à la lisière de tous les chemins, telle la Compagnie Humaine et son duo magique sur la fragilité de l'être impuissant à aider autrui... […] 



MED'IN MARSEILLE (France) – 25 novembre 2009 par Henda Bouhalli

« Sur la route de Petrouchka », ou la parfaite intégration d’Ibrahim Hassani

L’enseignement artistique peut-il être un facteur d’intégration ? A cette question, la Compagnie Humaine répond « oui » sans hésiter et elle le prouve à travers son documentaire « Sur la route de Petrouchka » qui a d’ailleurs remporté l’appel à projet 2008 du dispositif « Identités, Parcours & Mémoires » (IPM). Ce dispositif, avec le soutien de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) et du Ministère de la Culture, se propose en effet, d’aider des projets innovants dont l’objectif est de valoriser les patrimoines et les parcours migratoires. Projeté lundi soir en présence des partenaires (ACSE, IPM) dans les locaux de l’Agence Régionale des Arts du spectacle (ARCADE PACA), ce documentaire, réalisé par Eric Oberdorff et Loic Deltour met en avant l’histoire d’Ibrahim Hassani, un jeune comorien de 19 ans, issu d’un quartier difficile de Nice et devenu, grâce à son courage, à sa persévérance et à son talent, un danseur professionnel.

La Compagnie Humaine est une Compagnie de Danse Contemporaine basée à Nice et fondée en 2002 par Eric Oberdorff. Cette compagnie accorde une place importante aux actions culturelles dans les quartiers et dans les établissements scolaires en animant des ateliers pour l’Education nationale au Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice, à l’ESDC Rosella Hightower, au CRR Toulon- Provence-Méditerranée ou encore à l’UNSS danse, mais aussi en enseignant des modules de «production scénique» pour le Département des Arts de l’Université de Nice-Sophia Antipolis par exemple.

Ibrahim, un parcours exemplaire

C’est en animant des ateliers dans les établissements scolaires qu’Eric Oberdorff fait la connaissance d’Ibrahim Hassani. Il a fait de ce jeune comorien le personnage central de son documentaire, qui a reçu l’année dernière, le label européen « 2008 année européenne du dialogue interculturel ». « Sur la route de Petrouchka » raconte le parcours d’Ibrahim. Ce jeune homme de 19 ans quitte les Comores à l’âge de 10 ans. Arrivé en France, il grandit dans un contexte social très difficile et se trouve rapidement en échec scolaire. Il ne fréquente les bancs de l’école que pour suivre les cours de Claudine Laville, dans le cadre des classes « Danse » du collège Maurice Jaubert à l’Ariane, à Nice. C’est alors, pour lui, une révélation. Il décide alors d’intégrer le Lycée Apollinaire dont la politique est très accentuée vers le domaine artistique. Un enseignement de spécialité « musique, théâtre ou danse » y est délivré. Marie Christine Brun, enseignante au Lycée Apollinaire est celle qui a décroché la vocation d’Ibrahim. Elle y invite des professionnels et fait des partenariats avec des compagnies afin qu’elles animent des ateliers, à l’image de la Compagnie Humaine ou de la Compagnie Azamiah spécialisée dans la danse Hip Hop.

Les années passent et le jeune Ibrahim progresse à grand pas. « Ce garçon avait une curiosité naturelle qui m’a beaucoup émue. Je pouvais lui demander n’importe quoi, il le faisait et il essayait de comprendre » souligne Eric.

Dès 2004, Ibrahim intègre la Compagnie Azamiah pour laquelle il est interprète dans plusieurs créations : « Suivre ou ne pas suivre », « Grains de Lune » ou encore « Voyage sans retour ». Depuis décembre 2007, il travaille comme assistant de Claudine Laville pour les cours de danse hip-hop, et fait même des remplacements comme professeur de danse. Depuis septembre de l’année dernière, il collabore avec la Compagnie Humaine et en février 2009, après l’annulation d’un spectacle en préparation « Petrouchka », il fait partie de ceux qui ont l’opportunité de danser pendant le spectacle «Un autre rêve Américain » au Pavillon Noir/CCN Ballet Prejlocaj à Aix-en-Provence. Il participe également à des performances dans différentes villes de France ainsi qu’à Nice, au Musée des Beaux Arts ou à la Villa Arson, un établissement artistique ouvert aux échanges internationaux, réunissant une école d’art, un centre d’art contemporain et des résidences d’artistes. Un tour de France qui ne lui déplait pas. Aujourd’hui, le jeune homme est pleinement conscient de cette transmission artistique. Il se projette et avoue que s’il n’avait pas rencontré la danse, il serait, soit « assis sur un banc du quartier » soit « en prison ». La danse l’a pris dans ses bras pour former un duo poétique loin des vices de la rue. C’est là, que se pose la question de l’intégration par l’art et de l’importance de l’enseignement artistique en milieu scolaire.

La danse, facteur d’intégration

Pour Eric Oberdorff, il n’y a pas à chercher bien loin pour affirmer que « l’art est aussi important pour la construction de l’enfant que les maths. Avec ces enseignements artistiques, nous voyons les élèves se transformer, se construire une personnalité, s’ouvrir aux autres et envisager un avenir ». Marie-Christine Brun ajoute même que : « la danse ne mène pas seulement à la scène. Le but n’est pas de former des artistes mais des gens à l’aise dans leurs corps et dans la société ». Le parcours d’Ibrahim Hassani illustre parfaitement cette vision. La danse l’a sorti de cette routine qu’était la rue et ses vices. « Sur la route de Petrouchcka » est aussi un hymne à l’art comme garant d’une intégration réussie à la perfection, un hymne à la sagesse et à l’ouverture d’esprit des hommes à l’heure où les populations issues de l’immigration font l’objet d’une traque incessante. Ce documentaire met ainsi en avant la valeur ajoutée de l’émigration pour le pays d’accueil.

« Quand j’ai vu cet appel à projet, j’ai pensé de suite à lui. J’ai pu suivre son évolution sur deux ans » souligne Eric Oberdorff. « Il tenait aussi à faire ce documentaire parce qu’il voulait que d’autres personnes aient la même chance que lui et faire découvrir le milieu artistique à des jeunes qui seraient également en difficulté ». Aujourd’hui, le jeune homme a mis sa carrière entre parenthèse et travail dans la restauration pour faire face aux charges de la vie d’adultes. « C’est un garçon responsable et intégré qui fait aujourd’hui face à la vie ». Mais loin de là, sa carrière de danseur n’est pas terminée.

Ce docu-fiction a été aussi été diffusé le 17 octobre dernier au Théâtre de la Licorne dans le cadre de la programmation « Made in Cannes ».



NICE-MATIN (France) - 20 octobre 2009 par Aurore Busser

 ...Les surprises d'Eric Oberdorff

"Si je n'avais pas pas connu la danse, je serais sur un banc... ou en prison". Au coeur de son spectacle chorégraphique ouvrant la saison de "Made In Cannes", Eric Oberdorff a placé... un documentaire, qu'il a réalisé. Démarche originale du chorégraphe qui s'est attaché au parcours, à la vie d'un jeune Comorien, Ibrahim, qui raconte son "voyage" en gros plans expressifs. Arrivé en France, il atterrit dans un contexte social difficile. Sans jamais sauter le pas de la petite délinquance ambiante, il découvre la danse. Un idéal.

Le film débouche alors sur la création du ballet théâtralisé "Un autre rêve américain" où l'on retrouve Ibrahim Hassani intégré à l'épatante "Compagnie Humaine" d'Eric. Une pièce en coproduction avec le Ballet Preljocaj, attachante, prenante même, tissée de sensibilité, de tendresse, de révolte et d'humanité. Eric Oberdorff a su recréer l'univers de cette Amérique dessinée par Tennessee Williams, où se croisent des êtres fragiles que la vie a bousculés....



PERFORMARTS (France) - avril 2009 par Brigitte Chéry

Printemps des auteurs à Nice, Corps étranger au TNN: fluidité esthétique

La rencontre du texte Corps étranger de Didier Van Cauwelaert ne pouvait qu’inspirer la Compagnie Humaine et son chorégraphe Eric Oberdorff très à l’aise dans la danse-théâtre comme on a déjà pu s’en rendre avec Sarajevo’s Diary . L’intérêt d’une telle rencontre est ce que ce deuxième auteur apporte au texte. Comme on reconnaît la patte d’un peintre ou les couleurs du jardin d’un paysagiste, c’est la sensibilité à l’être humain, la familiarité entre les corps et la créativité d’Oberdorff que nous avons appréciées dans cette adaptation. Les deux danseurs, Cécile Robin Prévallée et Laurent Trincal présentent un délicat travail corporel et spirituel, une danse harmonieuse qui coule comme l’offrande d’un poème, avec les magnifiques corps à corps d’un couple qui se forme et tient en haleine le public. Les tensions, les luttes intimes, les souffrances qu’exprimait dans sa solitude Laurent Trincal disparaissent à l’arrivée de la jeune danseuse. La toujours délicate rencontre de deux êtres parait par moment périlleuse, inespérée mais toujours harmonieuse malgré l’encombrement de la scène par différents plateaux ou peut être grâce à cela. Le musicien Merakhaazan crée tout au long du spectacle un univers singulier, des moments poétiques qui entrent en résonance avec des hésitations et des questions supposées. Parfois les formes de la contrebasse et du corps de la femme se confondent. Une demi-heure de pur régal, de fluidité esthétique.



LA MARSEILLAISE (France) - 18 février 2009 par Jean Barak

Danse: en résidence de création au Pavillon Noir, Eric Oberdorff présentait "Un autre rêve américain" ces 12 et 13 février 2009.

A chacun son Amérique

Pour les quinquas, c'est celle du Vietnam, pour les quadras, celle de la guerre froide. Eric Oberdorff est de ceux là: son Amérique est celle de l'arrogance de Ronald Reagan régnant sur le monde, la plus grande des "démocraties" installant des dictatures militaires dans toute l'Amérique Latine, faisant la guerre partout où elle a des intérêts à préserver. Celle d'un néocolonialisme implacable au nom de Dieu et du droit. Pour d'autres, ce sera celle de la deuxième grande crise mondiale et l'avènement d'un demi noir, fils de Kenyan, à la magistrature suprême du pays de l'esclavage.

Les poètes

Pourtant l'Amérique ce n'est pas que ça: chaque crime révèle une conscience, chaque brute fait se dresser un poète, avec ses armes dérisoires face à la force et au cynisme. C'est aussi celle des laissés pour compte des romans de Tennessee William, ou des tableaux d'Edward Hopper. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et les immenses fortunes du rêve américain se fondent plus que jamais sur la misère absolue. C'est cette Amérique là que chorégraphie Eric Oberdorff: il met en espace des textes de Charles Bukowski, Walt Whitman et Jim Harrison, ainsi que des chansons de Tom Waits, le bluesman des dérives urbaines, Patti Smith, la rebelle indomptée, et Billie Holiday, la voix de satin déchirée de l'Amérique des ghettos. Celle également du performeur contemporain John Cage.

Amère América

Nous sommes dans un entrepôt, un ouvrier noir déplace des caisses. Son travail est répétitif, stérile et sans fin. Le décor devient insensiblement une chambre où une femme s'endort et rêve son Amérique. Trois femmes et deux hommes échappés de May Be évoluent en groupe compact. Peu à peu ils s'individualisent et vivent leur vie propre, pour un solo de hip hop, un duo tendre ou cruel. Des cercueils reviennent de la guerre, peu importe laquelle, chaque Président a la sienne, les femmes pleurent au dessus du drapeau. Le rêve d'Amérique d'Oberdorff est un cauchemar que seule la poésie rend vivable. Sa danse est un théâtre d'images, minimaliste, elle va à l'essentiel. Les textes traduits sont forts comme les images, les autres, accessibles aux seuls anglophones ne le sont pas pour les français généralement monolingues qui en perdent l'essentiel. Ce n'est pas la faute d'Oberdorff s'ils ont rêvassé pendant les cours d'anglais. Quoi qu'il en soit, pour peu qu'on se laisse emmener par Tom Waits, Parti Smith ou Billie Holiday, même sans comprendre, chacun peut rêver son Amérique sur les images subliminales en contre-jour d'Eric Oberdorff.


Eric Oberdorff: Premier prix du Conservatoire National de Nice en 1984, puis à l'Ecole Supérieure de Danse de Rosella Hightower, puis à celle de l'Opéra de Paris. Il intègre les Ballets de Salzbourg, de Monte-Carlo, puis de Zurich. Il danse pour Maillot, Kylian, Balanchine, Forsythe, Childs, Uotinen, Armitage, Neumeier, etc... Depuis 1997 il présente ses pièces dans divers festivals de danse. Il est considéré comme un «jeune chorégraphe émergeant » de la scène internationale. Il fonde sa compagnie en 2002, la Compagnie Humaine.



ZIBELINE n°16 (France) - 19 février au 19 mars 2009 par Marie Godfrin-Guidicelli

Poussières d'Amérique

Délaissant l'écriture abstraite centrée sur le mouvement et la lumière, Eric Oberdorff crée Un autre rêve américain, une pièce où les textes et les musiques ont obsédé les danseurs tout autant que lui-même. Plus narratif que sa précédente création Libre, Un autre rêve américain est pétri de références à Jim Harrison, Thomas Savage, Jack Kerouac ou Allen Ginsberg et hanté par les voix de Patti Smith, Billie Holiday, Tom Waits...

Sans jamais tomber dans l'illustration, Oberdorff réussit le tour de force de raconter "un état d'être en état d'urgence", celui des laissés-pour-compte du rêve américain, sans que les textes n'entravent le déplacement des corps. En tension permanente, les cinq danseurs parviennent à trouver la sincérité et la simplicité dans la justesse de leurs mouvements: un simple effleurement suffit à évoquer l'égarement ou la violence d'un duo d'amour vache. Et toujours sur des musiques qui conduisent les scènes jusqu'à leur paroxysme. Toute la pièce est baignée d'une lumière cinématographique, avec On achève bien les chevaux en toile de fond, portée par des héros romanesques aussi fragiles et désespérés que ceux de Russel Banks.

Pour donner corps à cette tragédie humaine et dire la désillusion, Oberdorff découpe l'espace en deux, introduisant ainsi une double temporalité: il y a ce qui s'écrit à travers des situations, des voix et des rythmes; il y a ce qui se danse à travers des portés sensuels et des solos inventifs.



ELLE (France) - 22 janvier 2009 par Hervé Godard

Entrechats & Contre-culture

Trois bonnes raisons d'aller voir le spectacle d'Eric Oberdorff, une pièce mâtinée d'underground américain.

*/ Un chorégraphe au parcours sans fautes: après une formation de danse classique, Eric Oberdorff devient durant quinze ans un brillant danseur soliste, notamment aux Ballets de Monte-carlo. En 2002, il fonde à Nice la Compagnie Humaine et se lance dans un travail original de chorégraphie.

*/ Un spectacle engagé: sa création "Un Autre Rêve Américain" s'inscrit dons une tradition de contre-culture qui oppose la posture glorieuse des golden boys aux corps désespérés des abonnés absents de "l'american way of life"

*/ Un style rock et rigoureux: Oberdorff développe une danse-théâtre nourrie des arts martiaux. ll cite volontiers Bukowski ou Kerouac sur une musique allant de Tom Waits à Patti Smith



WESTFÄLISCHE RUNDSCHAU (Allemagne) - 24 novembre 2008 par Björn Josten

"Un extraordinaire programme a été célébré par une standing ovation… Les compagnies de danse ont enchanté le public… l’un des temps fort a été la Compagnie Humaine de Nice. Audrey Vallarino et Gildas Diquero ont enchanté sur les sons calmes d’Arvo Pärt de même manière le public et Ricardo Fernando*. "C'était proche de la perfection", a-t-il jugé, visiblement ému après leur prestation" …"

* Directeur du Ballett Hagen et organisateur du 3ème Internationale AIDS TanzGala im Theater Hagen

 


WESTFALENPOST (Allemagne) - 24 novembre 2008 par Sebastian Jansen

"De haut niveau, plein de grâce et magnifique  ... Sept compagnies de danse ont illuminé la soirée au profit de la lutte contre le SIDA à Hagen d’un feu d’artifice de danse de plus de trois heures... À voir absolument: l’incroyablement gracieux et magnifique pas de deux de la Compagnie Humaine de Nice sur la musique élégiaque "Spiegel im Spiegel" d’Arvo Pärt. Ricardo Fernando* déclara: "On peut dire que cette chorégraphie était très proche de la perfection"…"

* Directeur du Ballett Hagen et organisateur du 3ème Internationale AIDS TanzGala im Theater Hagen

 


Magazine SCENE (Japon) - septembre 2008 par Masumi Kawakita

Compagnie Humaine / Eric Oberdorff

Chorégraphie Enola's Children

De nombreuses pièces japonisantes n'en ont qu'une lointaine saveur. Cette chorégraphie reproduit remarquablement l'âme du Japon. Selon le programme, le titre est tiré du surnom de l'avion "Enola Gay" qui largua la bombe atomique sur Hiroshima, et la pièce parle de la reconstruction d'un Japon détruit par la guerre.

Si le traitement de celle-ci n'apparaît pas de manière évidente, le chorégraphe a parfaitement compris et restitué l'essence spirituelle du Bushi-Dô ("voie du guerrier") chère aux samouraïs.

(13 juillet, Studio des Hivernales, Avignon)



MOUVEMENT - 23 juillet 2008 par Eve Beauvallet

Reprendre pied…

Sans doute une des singularités de ce festival, dans ce qu’il a d’anarchique, est-elle d’occasionner des échos inattendus entre des créations que rien ne semble a priori mettre en regard. Dans la mesure où l’ordre de visionnage des spectacles s’effectue souvent arbitrairement, il est parfois curieux qu’une cohérence s’esquisse.

Mes deux premiers spectacles avignonnais, (il conviendrait de parler d’expérience pour le premier) ne tolèrent pas qu’on les confronte. Rien dans l’esthétique, dans le dessein, dans la conception du plateau ou l’activation du spectateur ne justifierait quelque correspondance que ce soit. Toutefois, ce fut une coïncidence sympathique que d’aller voir un spectacle sur la reconstruction en étant encore empreinte de la fièvre persistante léguée la veille par le Purgatorio de Castellucci.

Dans le studio des Hivernales, Enola’s Children et Absence, les deux pièces courtes proposées par le chorégraphe Eric Oberdorff en provenance de la région PACA, ont pour un temps suspendu la chaleur et la frénésie ambiante. La plénitude, la sensibilité, le calme des corps de la bien nommée Cie Humaine entendaient peut-être panser quelques maux. Ou questionner la façon de trouver les antidotes.

Lorsque tout semble s’effondrer et ne laisser place qu’à la douleur, lorsqu’en semblant implacable, la détresse s’installe et meurtrit les peaux, d’où vient cet élan qui parfois nous relève ? Où va-t-on puiser cette énergie insoupçonnée qui réactive, redonne le mouvement ?

Eric Oberdorff travaille, avec ces deux pièces, une étape de la douleur qui est souvent laissée pour compte, avant laquelle bien des spectacles s’arrêtent souvent. Celle d’après la douleur, celle de la reconstruction, qu’elle soit intime – dans Absence – ou collective – dans Enola’s Children. Le moment de la cicatrice, cette étape magique où elle se referme et devient trace, et parfois, ornement.


Enola’s Children est le premier volet d’un diptyque nommé Post War Dreams, instantané de deux sociétés d’aujourd’hui dans lesquelles au-delà des chocs dévastateurs, les hommes ont trouvé quelque part la force de réapprendre à vivre ensemble. Enola’s Children, en souvenir du surnom que les pilotes d’avion donnèrent à la bombe qu’ils devaient larguer sur Hiroshima : Enola Gay. La tension de cette société, empreinte d’une féodalité ancestrale autant que d’aspirations ultramodernes, se formule dans les rainures et les palpitations du corps d’un seul danseur. Enola’s Children est formidablement porté par la puissance canalisée et la précision millimétrique des mouvements de Gildas Diquero. Sur le plateau nu du Studio des Hivernales, il déploie autour de lui un espace d’une ampleur palpable que vient habiter la création musicale d’Anthony Rouchier.


Absence pourrait en être le versant intime, même si la pièce est autonome. Ce deuxième instant de danse met sur scène un corps désorienté, décentré et sans accroche – là où celui d’Enola’s Children puisait fermement son énergie dans le sol – un corps fragilisé par quelque perte autant que par son exposition à la vue des spectateurs, un corps que le plus infime des souffles pourrait définitivement abattre, s’il n’y avait la venue, discrète et délicate, de l’Autre. Comme une soupape attentive qui toujours anticiperait les heurts et les tentatives de la personne vulnérable, Gildas Diquero vient tantôt détourner, récupérer ou réimpulser le mouvement d’Audrey Vallarino, sans que jamais celle-ci ne s’aperçoive de ce qui la sauve et peu à peu la transforme. Lui est tuteur. Ce principe de duo, où l’un n’a pas conscience de l’autre, a, dans l’art chorégraphique, souvent produit des instants de pure beauté. L’organicité voluptueuse d’Absence en fait l’un d’eux. Cette spirale de chute et de redressement à laquelle on assiste, loin d’être infernale, offre un moment des plus oxygénant.



LES TROIS COUPS - 27 juillet 2008 par Anne Losq

Danse céleste

Au beau milieu du millier de pièces de théâtre jouées en ce moment-même à Avignon, il y a de la danse. Éric Oberdorff nous offre deux morceaux choisis – « Enola’s Children » et « Absence » – qui montrent la diversité de son langage chorégraphique et qui nous emmènent dans des sphères émotionnelles variées et profondes. Le Studio des Hivernales, tout petit lieu pour grands danseurs.

En prenant pour thème la reconstruction du Japon après l’explosion des bombes nucléaires, Oberdorff semble vouloir, avec le solo Enola’s Children, explorer l’état de l’homme après un traumatisme. Il étudie aussi la manière qu’a l’homme de se renouveler, et de se rebâtir.

Le danseur Gildas Diquero, d’abord allongé et roulant sur lui-même, presque nu et très vulnérable, se réapproprie peu à peu l’espace. Tel un phénix, il renaît de ses cendres. Il revêt un nouvel habit, à la fois traditionnel et contemporain. Ses mouvements, issus des arts martiaux et de la danse, mêlent précision rituelle et fluidité du geste. La musique électro, composée par APPART pour ce solo, fait résonner l’hypermodernité du Japon actuel, tout en utilisant aussi des instruments à corde traditionnels. Cette musique dialogue de façon surprenante avec les gestes intemporels du danseur.

Autres ambiances, et autres sensibilités avec Absence. Une danseuse, d’abord seule, allie fragilité et tension au travers d’une chorégraphie qui creuse le sentiment de vulnérabilité. Elle danse sur un morceau d’Arvo Pärt, De profundis, une musique pour orgue et chœur d’hommes. Cette silhouette gracile vêtue de blanc déambule dans une atmosphère musicale solennelle. Audrey Vallarino cherche sa place dans un entre-deux, entre terrestre et aérien, à la fois en dansant sur le sol et en s’élançant parfois en arabesques.

Elle est ensuite rejointe par Gildas Diquero dans un duo majestueux. La musique, toujours d’Arvo Pärt, mais dans un registre complètement différent, oscille entre piano et cordes. Ce Spiegel im spiegel, souvent entendu, est sublimé par la chorégraphie qu’il accompagne ici. Il y a tant de poésie, de fragilité dévoilée dans ces portés qui se transforment au creux des corps. Le danseur soutient la danseuse, qui, a son tour, utilise son équilibre pour ébaucher une nouvelle forme. Il y a toujours cette tension entre contact rassurant et instabilité dans la solitude.

La force des notes évanescentes du duo piano-cordes dialogue avec le duo de danseurs. Les lumières, intenses mais non intrusives, soulignent les lignes des corps, les mouvements infimes des muscles. Et vers la fin de ce moment magique, un porté si près du public que les ondes de la danse fondent sur nous. Le mouvement est déployé dans toute sa créativité et sa rigueur, libérant une émotion que je ne suis pas prête d’oublier.



ELLE COTE D'AZUR - 09 juin 2008

Danse: sur les pas du Samuraï

Eric Oberdorff, ancien danseur du ballet de Monte-Carlo, mène, à la tête de la Compagnie Humaine, une démarche originale. Sa danse contemporaine reflète une curiosité littéraire et des interrogations sur les tragédies qui frappent le monde. Son solo "Enola's Children", dansé par Gildas Diquero, dresse de façon stylisée le portrait d'un samouraï des temps modernes face à un nouvel Hiroshima. La gestuelle précise, soutenue par une création audiovisuelle, dessine au final un message d'espoir.



ARTS COTE D'AZUR – 09-15 mai 2008 par Olivier Marro

La Compagnie humaine, anatomie d’un rêve

Eric Oberdorff

x   chorégraphe de l’émotion

x   En 2002, il fonde la Compagnie Humaine

x   N’a de cesse de rester ouvert à ses contemporains

"Je ne croirais pas en un dieu qui ne sache pas danser" disait Nietzsche, Eric Oberdorff fait danser, lui, les hommes sur une planète chauffée à blanc par les paradoxes, les rêves et les déchirements. C’est à travers leurs corps, qu’il projette sa poétique du mouvement concentré sur l’énergie et l’émotion.

Après ses études de danse au CNR de Nice (1er prix en 1984), au Centre de Danse International de Cannes Rosella Hightower, puis à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, Eric intègre successivement les Ballets de Salzbourg, Monte-Carlo, Zürich puis revient en principauté sous l’ère de Jean-Christophe Maillot. Seize année durant lesquelles il évolue en tant que danseur avec des chorégraphes aussi réputés que Kylian, Maillot, Balanchine, Forsythe, Armitage, Roland Petit, Fokine, Massine, Lacotte, Lifar, Tudor, Bienert, etc… Au terme de cette sarabande initiatique vertigineuse Eric décide de voler de ses propres ailes. C’est l’automne 2002.

Mouvement perpétuel

Lorsque Eric Oberdorff revient danser sur le rocher princier, Jean-Christophe Maillot qui a pris la direction des Ballets est bien décidé à dépoussiérer la vénérable institution monégasque encore sous son influence historique russe. Eric restera dix ans dans ce grand bain, s’imprégnant de l’exigence et du professionnalisme du maître. Une expérience inoubliable : « Aujourd’hui encore je me nourris presque inconsciemment de ces années ». Une compétition à Hanovre réservée aux jeunes chorégraphes le consacre en 2001 premier face à 120 candidats tandis que le magazine « Ballettanz » le classe parmi les révélations de l’année. Le métier rentre. En 2002, la chrysalide éclôt. La Compagnie Humaine voit le jour et après son baptême du feu enchaîne créations sur créations. Une dizaine à ce jour à l’actif d’Eric et de sa troupe de 5 intermittents (Territoire Zéro, Les murs, Sometimes, 4.48 Psychose, le dytique Post War Dreams), mais aussi quelques chorégraphies signées en free-lance pour le Jeune Ballet du CNSMD de Lyon, la Tanzcompagnie Giessen/Allemagne (février 2004), le Cannes Jeune Ballet (2004/2005) et le Ballet Mainz/Allemagne (novembre 2005).

Et si le travail de la Compagnie Humaine (soutenue par les ville de Cannes et de Nice) séduit et attire les foules, la troupe est toujours sans domicile fixe, vaquant de résidences en ateliers, du Centre Rosella Hightower au CRR de Nice via le Théâtre de la Licorne où elle vient de présenter pour Made in Cannes « Libre ». Une ode au plaisir du corps détaché in fine de ses chaînes. Prochaine étape : Grenoble, une résidence de 15 jours. On the road again ? « Les choses devraient évoluer bientôt, nous avons réellement besoin de nous poser ».

De l’après-guerre à l’American way of life

« Toutes les nuances de gris sont autant de tactiques de survie » chantait en 1980 le groupe rennais Marquis de Sade. Pour Eric Oberdorff, la palette des gris c’est tous les possibles du corps humain « un puissant capteur d’énergie ». Guère étonnant que son apprentissage des arts martiaux le conduise à réfléchir et à puiser tel un sculpteur dans cette matrice  faite de chair et de sang, de rêves et de doutes et qui tel un buvard absorbe tous les conflits internes ou externes.

Ainsi le chorégraphe qui aime à s’attarder sur le rapport à l’autre, la place de l’individu dans le groupe, compose-t-il ses dramaturgies sur fond de traumatismes sociaux ou psychologiques… Le diptyque « Post War Dreams » pose ainsi la question : comment se reconstruire après une guerre, retrouver le goût de rêver quand tous les repères ont disparu ? En introduction, un solo sur le Japon : Enola’s Children. En deuxième partie, Sarajevo’s Diary qui développe avec 5 danseurs, le carnet de voyage d’une narratrice à Sarajevo, ses rencontres avec les victimes. Ont-elles réussi à oublier le passé pour se projeter dans l’avenir ? Après avoir exploré le temps dans « Sometimes » et la mémoire de l’émotion comme une sorte de persistance rétinienne «  Les images comme les mouvements se nourrissent l’un de l’autre », l’auteur s’attaque aujourd’hui au paradoxe du Nouveau monde. Avec « Un autre rêve américain » Eric plonge dans ce melting-pot né de plusieurs vagues migratoires. Comment des ethnies aussi disparates ont-elles réussi à cohabiter et à accoucher de la première puissance  de la planète ? « Cette commande du Pavillon Noir d’Aix-en-Provence pour une demi heure de spectacle devrait être exploitable en 60 minutes » explique l’auteur qui a convoqué pour l’occasion des textes de Jim Morisson, Kerouac, John Fante ou Richard Brautigan sur des musiques jouées en live de Tom Waits, Patti Smith, ou John Cage. Sur fond de contre culture, Eric y aborde le problème des « laissés pour compte » du rêve américain : « Même s’ils sont au bord de la route et regardent passer le Greyhound, eux aussi ont participé à la fondation du mythe et leurs rapports à la joie ou à la douleur sont plus exacerbés que quiconque » !

Ce n’est pas la première fois que le travail de ce chorégraphe qui avoue se nourrir de littérature, cinéma, musique, photo ou architecture, s’articule autour d’autres artistes (vidéaste, compositeur, plasticien) : « à l’image de Ernest Pignon Ernest et Maillot, cette complicité doit servir la pièce sinon on sacrifie à la mode ou à la non-danse, une tendance qui privilégie le conceptuel sur l’émotionel et ferme l’accès du spectacle au plus grand nombre ». Un autre paramètre qui fait partie de son défi. Car en dépit de son travail reconnu par ses pairs – en mai 2007, Eric a été nominé pour le Kurt Joos Preis – sa bien nommée Compagnie Humaine, qui se produira en Juillet en Avignon, reste toujours grande ouverte à ses contemporains. Un juste retour des choses car c’est d’eux, de vous, de nous, qu’elle puise toute son intensité poétique.



NICE-MATIN - 24 janvier 2008 par Aurore Busser

Sous le charme d'Eric Oberdorff

Made in Cannes attire de plus en plus de monde à La Licorne. Pour une création, le bouche-à oreille se répand comme une trainée de poudre. On attendait beaucoup de Libre, nouvelle pièce d'Eric Oberdorff, issu de l'ESDC Rosella Hightower, pour sa belle Compagnie Humaine.

De nombreux professionnels, décideurs de subventions régionales et autres, étaient venus d'Aix, Draguignan, Marseille et Avignon pour la circonstance. Ils ne furent pas déçus.

"Libre est sans doute ce qu'Eric Oberdorff a fait de plus beau à ce jour, estime rené Corbier, directeur des affaires culturelles. Il a beaucoup évolué et approfondi son vocabulaire chorégraphique. Cette pièce est fine comme de la dentelle, avec des musiques très raffinées. C'est intimiste, tendre, délicat et remarquablement dansé. Et si le chorégraphe niçois ne peut se détacher d'une certaine angoisse, celle-ci est exprimée avec pudeur."

En seconde partie, une autre face du talent éclectique du chorégraphe Sarajevo's Diary, un carnet de voyage au coeur de Sarajevo, sur une musique des Balkans, dont les journées sont lues par une comédienne. Cinq personnages en quête de souvenirs, autrefois amis, autrefois ennemis, y évoluent comme dans la capacité à espérer des hommes et des femmes qui ont souffert, aimé, ri et pleuré. Une oeuvre sensible et attachante, extrêmement tonique.



24 HEURES (Suisse) - 14&15 juillet 2007 par Corinne Jaquiéry

Humain trop humain

Du touchant et subtil duo Absence de la Cie Humaine à la frénésie mécanique d'Entrelacs, proposée par le Centre chorégraphique national de Caen, la danse était au coeur des relations entre les êtres jeudi soir.

En alliant épure et délicatesse du mouvement au minimalisme envoûtant de la musique du compositeur Arvo Pärt (Spiegel im Spiegel), la Cie Humaine a donné à voir un très beau moment de grâce humaniste. Chorégraphié par Eric Oberdorff, qui privilégie un genre de danse contact tout en légèreté, le duo Absence concrétise l'alliance improbable de la force et de la fragilité, multipliant les frôlements, les appuis et les portés entre la gracile Audrey Vallarino et Eric Oberdorff, danseur à l'imposante stature. Extraites de la pièce A Momentary Lapse of Being, ces quelques minutes de tendresse absolue pour le genre humain sont d'une rafraîchissante sobriété tout en ouvrant sur un monde de possibles et de sensualité...


PERFORMARTS - n°5 printemps 2007 par Brigitte Chéry

Eric Oberdorff, chorégraphe inspiré

   Danseur pendant plus de seize ans aux Ballets de l'Opéra de Salzbourg et de Zürich ainsi qu'à ceux de Monte-Carlo, Eric Oberdorff, en parallèle, a signé la chorégraphie d'une dizaine de pièces présentées aux festivals de Cannes, de Biarritz, et aux Berner Tanz Tage.

   A l'automne 2002, il fonde la Compagnie Humaine, s'y consacre entièrement et crée: Territoire Zéro, Les murs, Sometimes, 4.48 Psychose, le diptyque Post War Dreams. Chorégraphe indépendant, il réalise des pièces pour: le jeune ballet du CNSMD de Lyon, la Tanzcompagnie Giessen-Allemagne (février 2004), Cannes Jeune Ballet (2004/2005) et Ballett Mainz-Allemagne (novembre 2005).

   Au Monaco Dance Forum où il interprète exceptionnellement un duo avec la danseuse argentine Mayra Morelli, il nous parle de sa passion de créer, de la direction de ses recherches chorégraphiques et de son goût pour les arts martiaux.

   Depuis son enfance, Eric Oberdorff a une passion pour la chorégraphie: envie d'exprimer et de développer des idées, de les mettre en forme et de faire partager certaines visions sur l'être humain.

   "... dans mes pièces, le fil conducteur est le rapport à l'autre, la place de l'individu dans le groupe, ce qui permet d'aborder beaucoup de thèmes: le temps, ou comme dans Sometimes (pièce dont nous avons pu apprécier la force, la violence et la perfection du style en 2003 NDLR), la mémoire de l'émotion et l'émotion de la mémoire..." Sa dernière création Post War Dreams, (Rêves d'après guerre), pose la question: comment se reconstruire après une guerre? Comment retrouver le goût de rêver quand tous les repères ont disparu? C'est un diptyque, avec en première partie Enola's Children, un solo sur le Japon. La deuxième pièce, avec 5 danseurs, Sarajevo's Diary est le carnet de voyage d'une narratrice à Sarajevo, ses rencontres, les réactions des individus qui ont réussi ou non à oublier le passé pour se projeter dans l'avenir et de ceux qui ont trop souffert. Un spectacle qu'il faut absolument voir, avec un texte d'Eric Oberdorff dans lequel les sentiments sont effleurés, jamais pesants.

   Toutes ces références humaines resteraient théoriques si le public ne suivait pas. les spectateurs ont pu le vérifier avec Absence, un extrait de treize minutes de A momentary lapse of being, une commande de l'Allemagne pour le Ballet de Mainz, présenté au Monaco Dance Forum. Un duo sur le moment très particulier de fragilité que l'on éprouve lorsque l'on apprend une mauvaise nouvelle, une perte, une rupture ou lors d'un choc physique, d'une agression: "moment où on est fait de plomb, tellement lourd, incapable de bouger  et en même temps si fragile comme un papier de soie qui se déchirerait si on vous touchait". Ce fut une réelle rencontre, un moment intime où la lourdeur évoquée par les pas glissés, la rondeur et l'unité du mouvement, la légèreté et la fragilité, donnaient l'impression que ce duo ne s'adressait qu'à vous.

   La Compagnie Humaine distille une forme de danse contemporaine particulière, basée sur l'expérience des arts martiaux, sur le contact et la manipulation de l'autre. Une recherche d'épure du mouvementpour le rendre plus simple et plus facile: "...au fur et à mesure, le trait s'affine et cela devient de plus en plus ténu, intéressant, car on se retrouve sur le fil du rasoir". Le poids de l'autre, l'utilisation de l'espace et du sol , la façon de sentir l'énergie viennent du judo qu'Eric Oberdorff a pratiqué jusqu'à lâge adulte, du karaté et du Kung Fu qui mène au Thai chi, à cette notion d'énergie qui voyage dans le corps, se transmet au partenaire et aux spectateurs. Le chorégraphe conduit les danseurs vers une qualité de mouvement: "j'essaie de faire comprendre l'énergie du mouvement qui va créer la forme juste: la forme est juste quand l'énergie est juste".

   La prochaine création Libre (fin 2007 à Made in Cannes) sera nourrie de l'état d'esprit actuel du créateur, suffisamment libéré des pressions et des doutes pour écrire par plaisir sur le corps. La pièce représente la synthèse de trois ans de travail d'Eric Oberdorff avec la Compagnie et en Allemagne. C'est la quintessence de son écriture chorégraphique, d'un travail sobre de lumière et de mouvement avec le message sous jacent du rapport entre individus. Une abstraction, qui conduit à une sensation d'émotions.

   La Compagnie Humaine, bien nommée, veut être un lieu de rencontres, une plate-forme ouverte où se tissent des projets. Ses spectacles posent questions, transportent, font voyager, invitent à la poésie. Cette jeune compagnie, de cinq personnes, tous intermittents n'a pas de lieu propre pour ses répétitions. Elle multiplie les partenariats, les résidences, toujours à la recherche de salles propices au travail de la danse. Si elle a acquis la reconnaissance des professionnels et trouvé un public. Souhaitons que le travail accompli et ce savoir soient plus soutenus par les collectivités. On peut cependant regretter qu'en France le partenariat et le mécénat avec les entreprises soient aussi peu développés, surtout localement.



http://blogs.aol.fr/juanvalchris/Le06danse/ par Valérie Juan

Direction Nice, et son théâtre Lino Ventura pour découvrir la dernière création de la Compagnie Humaine.
   Eric Oberdorff nous propose cette fois un voyage qui nous conduit du Japon à l'Europe Centrale. Leur point commun ? Avoir connu les ravages de la guerre. Après ? Comment peut-on vivre après ? C'est la question posée par Post War Dreams, une création en deux parties.

   Le soleil se lève sur le Japon. De minuscules soleils défilent sur un paravent tandis que l'ombre d'un danseur apparaît... Non, ce n'est pas un danseur: c'est un samouraï. Dès l'aube, dans la calme d'un jardin japonais, il se livre à un rituel pour se préparer au combat. Mais cette fois, le guerrier ne pourra vaincre par le sabre. Dans une explosion apocalyptique, c'est tout un système de valeurs qui éclate. L'homme qui survit doit alors se chercher entre un monde qui n'est plus et un monde qui veut être. Au terme d'une longue quête, les enfants d'Enola trouveront la voie d'un apaisement à travers une renaissance. Enola's children est un solo interprété par Gildas Diquero sur une musique d'Anthony Rouchier. La vidéo qui constitue un apport important dans la création est de Leili Guéranfar.

   Deuxième volet du diptyque Post War Dreams: Sarajevo's Diary. Nouvelle approche pour le chorégraphe qui se fait auteur pour la circonstance. Conçu comme un journal intime tenu au jour le jour, c'est une véritable histoire qui nous est contée : celle d'un voyage à Sarajevo, dix ans après que les balles aient cessé de siffler. Texte profond et réaliste. Les réponses aux questions sont données par la danse car les gestes peuvent donner plus de sens que certains discours. Il suffit de regarder Mayra Morelli dans son solo incarnant une femme frappée par le malheur pour comprendre toute la détresse qui peut exister au plus profond d'un être humain. Mais dix ans se sont écoulés et la vie a repris son cours. Si la douleur est difficile à effacer pour les plus âgés, les jeunes apportent leur élan de vie et d'enthousiasme. C'est ainsi que tout au long de sa pièce, Eric Oberdorff alterne des chorégraphies graves avec des moments beaucoup plus légers, voir même folkloriques. A Sarajevo aussi, la voie de l'apaisement se trouve dans la renaissance à une nouvelle vie.



La Lettre du Business - n°38 novembre/décembre 2006 - hors série par Laurence Bottero
Compagnie Humaine: le feu sacré

   Donner vie à ses idées, à sa façon d'envisager la danse contemporaine... Après un parcours qui l'a mené de Nice à Zürich en passant par l'Opéra de Paris et pour finir les Ballets de Monte-Carlo, Eric Oberdorff crée sa compagnie. Et endosse avec bonheur le costume de chorégraphe.

   Un 1er prix de Conservatoire de Nice, l'école de danse de l'Opéra de Paris, un passage par Salzbourg, puis les Ballets de Monte-Carlo à leur époque encore classique, Zürich où il évolue avec un répertoire plus contemporain et enfin retour au bercail, aux Ballets de Monte-Carlo. Jean-Christophe Maillot vient d'arriver et révolutionne l'institution. Eric y reste dix ans. Mais en 2003, l'aventure de création de sa propre compagnie le titille. Il se lance, une première création... puis une autre. Déjà une compétition à Hanovre en 2001 réservée aux jeunes chorégraphes le consacre premier face à 120 candidats. "J'étais surpris car je voulais seulement m'évaluer par rapport à ce qui se faisait ailleurs." Une reconnaissance professionnelle qui porte, forcément. Pourtant, "il est difficile d'être chorégraphe free-lance en France, il faut forcément développer une structure. Créer ses pièces, fédérer des gens de qualité, faire en sorte que tout cela fonctionne..." Pas simple ! Cependant le parti pris d'Eric plaît, son travail s'articule autour d'autres artistes: vidéaste, compositeur, plasticienne... Important aussi, "l'implication dans le tissu socio-culturel" que la Compagnie Humaine effectue notamment à l'Ariane par le biais d'ateliers. Cependant, pour l'heure c'est une résidence qu'Eric aimerait trouver. "Les entreprises soutiennent les clubs sportifs, les associations, mais pas les compagnies artistiques. C'est une question de mentalité". A changer, assurément.



NICE-MATIN - 8 mai 2006 par Aurore Busser
Made in Cannes - Eric Oberdorff fait "danser" la "Psychose" de Sarah Kane

En choisissant de chorégraphier la pièce de Sarah Kane "4.48 Psychose", réflexion abyssale sur un certain mal du siècle", texte-culte pour les étudiants en philo, Eric Oberdorff n'a pas choisi la facilité! Son engagement mérite le respect.
Il a pour lui de ne pas essayer de plaire à tout pris mais de rechercher des voies nouvelles au mépris d'un élémentaire confort personnel. "Made in Cannes" lui a offert la salle de La licorne pour présenter cette nouvelle création née des derniers écrits de l'auteur: Sarah Kane s'est suicidée à Londres en 1999 en laissant cette cinquième pièce, passionnante exploration des raisons qui l'ont conduite à se détruire. Long monologue où la théâtralité prend davantage de place que la danse, en quelques mouvements d'une désespérance fluide. Le chorégraphe se sert du texte comme d'une partition rythmée par les obsessions, et l'interprétation de la jeune danseuse-comédienne, Johana Lemarchand, frôle la performance.

Un solo tourmenté, lent comme une prière dit par un personnage qui se croit responsable sinon coupable de toutes les souffrances de l'humanité qui chargent ses épaules.

Un spectacle sombre, qui interroge et impressionne. En lever de rideau, deux pièces d'Eric Oberdorff, duos de danse pure, grave et poétique, sur des musiques de Bach et d'Arvo Pärt, nous avaient préparés à cette exploration de l'obsession provoquée chez Sarah Kane par des commotions d'origine amoureuse, sociale et philosophique.



NICE MAG' n°114 juillet/août 2006
La Compagnie Humaine passe à l'est

Entre l'Espace Django Reinhardt et le Théâtre Lino Ventura, la Compagnie Humaine invite cet été les enfants de l'Ariane à découvrir l'univers de la danse contemporaine.

Après 17 années de carrière de danseur, dont une dizaine aux Ballets de Monte-Carlo, Eric Oberdorff a conservé le désir de défricher de nouveaux talents. Formé au Conservatoire de Nice, il fonde en 2002 la Compagnie Humaine afin de créer des spectacles uniques où l'expression corporelle se mêle aux arts plastiques, à la vidéo, la musique, le théâtre. Sa prochaine création est programmée au Théâtre Lino Ventura le 7 octobre prochain. A cette occasion la Compagnie Humaine qui avait investi l'Ariane l'an dernier, lors de séances de travail et, en février, pour revitaliser des stages de hip-hop, sera en résidence cet été à l'Espace Django Reinhardt. "Nous aimerions créer entre cet espace culturel et le Théâtre Lino Ventura une dynamique afin de sensibiliser la nouvelle génération à la danse contemporaine", commente Eric, qui, à cette fin, ouvrira en juillet les répétitions de Post War Dreams aux enfants du quartier via les associations et les animateurs de la Ville.

Démocratiser la danse

"Nous espérons mettre en place des ateliers et recevoir les élèves du Collège Maurice Jaubert à nos répétitions publiques au Théâtre Lino Ventura dès septembre", précise ce jeune créateur engagé par ses interventions en milieu scolaire et dans le cadre de Master class du Conservatoire de Nice. Gageons que la volonté d'Eric Oberdorff de démocratiser la danse trouve à l'Ariane un tremplin afin d'initier les jeunes niçois à cette forme d'expression artistique.



NICE MAGAZINE N°110 - 03.2006 par Franck Davit
La compagnie humaine

... Derrière le sourire bleu de ses yeux, Eric Oberdorff est un de ces combattants, dans le meilleur sens du terme. Après seize ans d'une carrière de danseur bien remplie, dont dix ans passés aux Ballets de Monte-Carlo, et ses jeunes années rythmées par l'enseignement du Conservatoire de Nice, il fonde en 2002 "la Compagnie Humaine". Trois filles, un garçon et lui en franc-tireur du jeu chorégraphique. à leur actif, des spectacles âpres, déchirés, rigoureux, tel "sometimes", présenté au théâtre de nice en 2004. S'y entrelacent des motifs à la croisée des arts, vidéo, cinéma, musique électro, théâtre, architecture... "Je cherche à éliminer le superflu dans les mouvements que je crée... comme une sorte de danse-contact où l'humain prime, avec la violence que cela comporte parfois...", confie Eric Oberdorff. Dans cette optique, son approche de la danse privilégie une certaine attitude. Citoyenne à plus d'un titre, en s'engageant notamment dans des actions en milieu scolaire, en intervenant au Conservatoire dans le cadre de master class ou en participant étroitement à la vie des quartiers et à leur effervescence culturelle, via l'Ariane et l'espace Django Reinhardt. La Compagnie Humaine y a d'ailleurs posé ses valises pour ses séances de travail, faute d'un vrai lieu à elle. Lui trouver un chez soi? Le voeu le plus cher d'Eric Oberdorff, pour que son quintette chorégraphique développe ce puissant climat d'intranquilité qui semble être sa marque. Effluves d'une implication dans le réel qui seront de nouveau à l'oeuvre lors des prochains spectacles de la Compagnie Humaine, notamment de côté de Cannes, fin avril, et à Nice, le 7 octobre, au théâtre Lino Ventura pour une création, "Post War Dreams" (rêves d'après-guerre), en forme de diptyque sur le Japon et Sarajevo année zéro, quand la vie recommence passée l'horreur. la danse comme une déflagration d'humanité: Eric Oberdorff en plein dans le mille !



LA STRADA - 3/17.04.2006 par Valérie Juan
Vertige

4.48 Psychose est une plongée vertigineuse dans les tourments de l'esprit humain.
Du cran? Eric Oberdorff n'en manque pas pour quitter le confort d'une création contemporaine à la ligne fluide et séduisante au profit d'un jeu chorégraphique autour de l'oeuvre de Sarah Kane. Création forte et audacieuse qui ne peut laisser indifférent tant le spectateur est bousculé au plus profond de son être. 4.48 Psychose est précédé de deux duos Où sont passées..? (part I) et Impression lumières fugitives qui apportent une vision globale de la capacité créatrice du chorégraphe...



http://blogs.aol.fr/juanvalchris/Le06danse/ 01.02.2006 par Valérie Juan
"Humain, trop humain"

Il existe une certitude face au travail d'Eric Oberdorff: alors que beaucoup le considèrent comme le chorégraphe émergent dans notre région, son travail ne fait pas preuve de frilosité. La preuve nous en a été donnée le 28 janvier, au Forum Jacques Prévert de Carros.
Une première partie nous est proposée pour commencer la soirée en douceur. "Où sont passées ...?" et "Impressions lumières fugitives" sont deux chorégraphies pour deux danseurs : un homme et une femme. Tout décor est inutile : la danse se suffit à elle-même dans des enchaînements d'une très grande force. Dans la mouvance d'un Russell Maliphant, il allie des portés athlétiques à une légèreté du geste qui donne toute son intensité aux mouvements. La danse est puissante, profondément ancrée dans le sol, mais son rythme incessant et fluide lui apporte une réelle élégance.

La seconde partie nous a permis de découvrir la première de "4.48 psychose".

Rupture totale avec ce qui était déjà connu. projection totale dans un autre univers. C'est un pari audacieux pour le chorégraphe qui, loin de s'installer dans son savoir-faire chorégraphique, part à la recherche de nouveaux territoires, explore de nouvelles voies de création. Tout repose sur l'interprète qui, une heure durant, va entrer dans la peau du personnage de Sarah Kane. tourments, dérive, elle nous fait vivre son "chagrin pathologique", enfermée dans "sa prison de larmes". Théâtre dansé ou danse théâtrée? Le chorégraphe se fait metteur en scène. La danseuse se fait actrice. rencontre des arts qui toujours repoussent leurs propres limites.



LA STRADA - 7/20.02.2005 par Valérie Juan
Révélation
...Un homme seul dans la nuit est hanté par les fantômes de son passé. Ceux-ci émergent du voile de sa mémoire pour lui faire revivre l'intensité de son vécu, chargé de mélancolie, de tristesse... parfois aussi d'apaisement. Et puis, il y a le temps qui passe, inéxorablement: les aiguilles de l'horloge qui tournent sans fin, sans que personne n'ait d'emprise sur elles, jusqu'au crépuscule de la vie. une oeuvre de maturité...


NICE-MATIN - 05.02.2005 par André Peyrègne
Sometimes, un ballet décapant
… Eric Oberdorff pratique une danse de l’extrême. Les danseurs se désarticulent. Il y a quelque chose d’envoûtant dans leur concert de gestes déchirés…


DANSER - 04.2004 par Agnès Izrine
Jeunes pousses de printemps
... Le cadeau bonus, c'est que la danse proposée, même si elle a parfois la verdeur de jeunes pousses, sort des sentiers rebattus de la mode ou de l'air du temps. Ainsi d'Eric Oberdorff qui campe dans self service un homme en proie à sa voix intérieure, comme le danseur à son corps, comme l'humanité à ses fantômes...


LA STRADA - 03.2004 par Valérie Juan
La Cie Humaine...rencontre avec Eric oberdorff, chorégraphe et fondateur de compagnie humaine
... des années qu'il a passées aux côtés de Jean-Christophe Maillot aux Ballets de Monte-Carlo, Eric Oberdorff a conservé le goût d'un travail poussé à l'extrême, seul garant d'une représentation impeccable. Des tournées à travers le monde, il s'est imprégné de souvenirs, de cultures, de rencontres, de visions qui ont nourri son esprit afin d'en ressortir l'essentiel: le geste épuré...


BABAZOUK - 12.2003 par Leo Benitez
La jeune dimension humaine

...Sur une scène dépouillée de tout ornement, un couple réalise une performance complexe. Ca pourrait être le résumé de toute une vie: l'éveil de la personne, la découverte de son identité, la rencontre avec l'autre, les oscillations du rapport de couple. Les danseurs se cherchent, se découvrent, rentrent en contact, se repoussent, se séparent, se retrouvent à nouveau. La musique est douce, répétitive, les mouvements aussi. on se laisse aller, et on arrive très loin dans un territoire où, au-dessus de tout, règne le bien-être...


LA STRADA - 12.2003 par valérie juan
Eric Oberdorff: à la recherche de nouveaux territoires
...Il est indéniable qu'Eric Oberdorff a su trouver les lignes d'une écriture chorégraphique très personnelle. Sa danse est résolument contemporaine, privilégiant l'expressivité à la technicité. C'est un rôle très fort qu'il a offert à Mayra morelli qui tient pendant plus d'une heure le devant de la scène, entraînant dans sa course (contre ou avec le temps?) son compagnon à la scène Laurent Trincal. Souhaitons à Eric Oberdorff de nombreux rendez-vous avec un public aussi enthousiaste que celui du théâtre La Licorne...


NICE-MATIN - 17.11.2003 par Aurore Busser
Danse avec "Made in cannes"
... "Territoire zéro" est la traduction chorégraphique très maîtrisée, très aboutie, des déclarations d'intention du jeune patron chorégraphe de la cie, Eric Oberdorff... Il émane de ce "Territoire zéro", une poésie, une beauté qui donne une singulière notion de l'infini. Une réussite... Un ballet qui restera dans les mémoires, comme dans celle du public, passionné et enthousiaste composé de danseurs, chorégraphes, étoiles venues de tous les points de la région où l'on danse: Forum et Ballet de Monte-Carlo, ESDCRH de Cannes, Ballet de l'Opéra de Nice, Cie Bruno Jacquin, Compagnie "Castafiore" de Grasse etc., venus à la rencontre d'Eric Oberdorff. Une ambiance rare. quand on vous le disait...


COTE MAGAZINE - 11.2003 par Mireille Sartore
En bonne compagnie au théâtre de la Licorne
... Pour "Territoire Zéro", Eric Oberdorff s'est inspiré d'un texte de Maurice G. Dantec et a conçu un spectacle pour deux danseurs et vidéo. "La pièce parle de la confrontation entre l'image que nous donnons aux autres de nous-mêmes et de la réalité. Mais de quelle réalité au juste parlons-nous? De quoi est-elle faite? La pièce parle aussi du temps, de la conscience de ce temps, de la mémoire... De l'influence que l'on peut avoir sur nos propres actes." ... Une compagnie à suivre de très près...

revue de presse Compagnie Humaine

extraits

DANSER magazine (France) - 10.2010

... Basés à Nice, Eric Oberdorff et sa complice Cécile Robin Prévallée créent sur un mode subtil des pièces aux thèmes universels. D'entrée de jeu, on est saisi par la portée sensible et l'engagement émotionnel du travail de ce chorégraphe inclassable dans le monde de la danse...



ZIBELINE (France) - 19.02.2009

... Sans jamais tomber dans l'illustration, Oberdorff réussit le tour de force de raconter "un état d'être en état d'urgence", celui des laissés-pour-compte du rêve américain, sans que les textes n'entravent le déplacement des corps ...



MOUVEMENT - 23.08.2008

... Eric Oberdorff travaille, avec ces deux pièces, une étape de la douleur qui est souvent laissée pour compte, avant laquelle bien des spectacles s’arrêtent souvent. Celle d’après la douleur, celle de la reconstruction, qu’elle soit intime ou collective ...



ARTS COTE D'AZUR - 09.05.2008

..."je ne croirais pas en un dieu qui ne sache pas danser" disait Nietzsche, Eric Oberdorff fait danser, lui, les hommes sur une planète chauffée à blanc par les paradoxes, les rêves et les déchirements. C’est à travers leurs corps, qu’il projette sa poétique du mouvement concentré sur l’énergie et l’émotion...



24 HEURES (Suisse) - 14&15 juillet 2007

... ces quelques minutes de tendresse absolue pour le genre humain sont d'une rafraîchissante sobriété tout en ouvrant sur un monde de possibles et de sensualité...



LA STRADA - 3/17.04.2006

... Création forte et audacieuse qui ne peut laisser indifférent tant le spectateur est bousculé au plus profond de son être...

liens internet

La revue marseillaise du théâtre (France)   05.2010

Les vertiges de l'immobilité

Jeu de mikado d’une vie où il faut peut être arriver à se mouvoir dans un espace réduit ou codes barres d’une existence au sein d’une société où tout devient calibré et quantifié ? Eric Oberdorff décrit en Vertiges de l’Immobilité dans une grâce juste sur la partita n°2 en ré mineur de JS Bach « alliance idéale et résolument moderne d’une spiritualité exacerbée et d’une mathématique implacable » nos jeux d’équilibre et déséquilibre mesurés en paradoxe avec notre mouvement perpétuel. « Il suffit par exemple de s’arrêter deux minutes dans la rue pour constater à quel point il est devenu quasiment impossible de s’immobiliser dans une société devenue dépendante, accro à la vitesse et au changement : mouvement perpétuel, flot incessant des communications et des informations, satisfaction instantanée des désirs, déplacements toujours plus rapides, machines aux débits sans cesse croissants. Vertiges. »

Eric Oberdorff, après notamment l’Opéra de Paris, le Ballet de Zurich et les Ballets de Monte Carlo, a été cité en 2001 parmi les chorégraphes émergents en 2001 avant de créer en 2002 La Compagnie Humaine. C’est avec le Ballet National de Marseille qu’il vient de créer à l’Opéra de la cité phocéenne les Vertiges de l’Immobilité, une réussite de justesse et de beauté de la danse ponctuée « de suspensions de temps, d’arrêts poétiques, d instants verticaux » par des interprètes exclusivement masculins à la recherche de l’exploration du mouvement perpétuel. Remarquable.


LA PROVENCE (France)   24.04.2010

Le Ballet de Marseille au pays des merveilles

On a vu trois élans complémentaires de la danse, hier soir à l'Opéra. […] D'abord un duel à distance assez jubilatoire, en noir puis en blanc, entre sept hommes créant les "Vertiges de l'immobilité" d'Eric Oberdorff puis six femmes collant aux "Six Giselles" d'Olivia Grandville. Au sein d'une forêt de tubes métalliques, dans un jeu de lumières raffiné d'Arnaud Viala, c'est en costume sombre que sept danseurs rivalisent de souples combinaisons de corps. […]


Murmures Magazine, le magazine romand de la culture et du divertissement (Suisse)   01.02.2010

'Blackbird', 'Dov'è la luna', 'Etre' : c'est le programme que nous offre le Ballet du Grand-Théâtre en ce début d'année.

… Enfin, la soirée sur 'Être', une création colorée de Eric Oberdorff sur une musique de Vivaldi. Durant 45 minutes, le public est littéralement envoûté : l'espace de la scène est magistralement occupé par douze danseurs et certains duos époustouflants nous laissent le souffle coupé.


Ballettanz (Allemagne)   01.2010

Sous les projecteurs

Eric Oberdorff est encore et toujours un secret. Alors que s'enchaînent les représentations de sa pièce "Libre" (2008) au Théâtre de Hagen depuis maintenant des semaines, il avait déjà remporté en 2001 avec "impression Lumières fugitives" le 1er Prix à la compétition internationale pour chorégraphes de Hanovre. Mais parce qu'il vit à Nice et non à Paris, parce qu'il a chorégraphié à Giessen – on a effectivement pu aussi le voir à Mainz, Oberdorff et sa Compagnie Humaine fondée en 2002 traîne avec eux ce fardeau, le fait que le monde de la danse pense toujours qu'il se doit d'éviter la province.

Il partage maintenant l'affiche au Grand Théâtre de Genève, grande maison propice pour de tels cas difficiles, avec son ancien patron de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot: Maillot remonte son «Dov’è la luna» pour le Ballet du Grand-Théâtre de Genève et Oberdorff présente sa création "Être" sur une musique de Vivaldi: néoclassique, brut, sculptural.


in www.echo-online.de (Allemagne)   24.05.2007  

... Il y a aussi beaucoup de magie dans “Little voices in my head” d’Eric Oberdorff, mêlée avec de la danse, du surréalisme et de l’art de l’illusion. Les textes, les images et la musique d’Anthony Rouchier - quelquefois rythmes de battements de coeur, quelquefois vagues mélodiques - nous plongent dans le virtuel accélérant les images par le truchement d’une projection vidéo ...


Mainzener Rhein Zeitung (Allemagne)   11.2005

… Au centre de la scène, Yuko Kato et Nick Hobbs se livrent à un pas de deux en solitaires, qui compte actuellement sans aucun doute parmi les créations les plus tendres et les plus émouvantes du ballet contemporain. ...


Allgemeine Zeitung Mainz (Allemagne)   11.11.2005 & Wiesbadener Kurier (Allemagne)   11.11.2005

… avec « A Momentary Lapse Of Being », le jeune chorégraphe français Eric Oberdorff réussit un chef-d’œuvre… Le contraste entre la nature secouée de spasmes et celle, paisible, du couple, est particulièrement émouvant : de la poésie dansée. ...


Darmstadter Echo (Allemagne)   11.11.2005 

… dans une danse effrenée, oberdorff représente l’apocalypse et rend le familier étranger par une modification permanente des perspectives sur une scène dénudée et uniquement éclairée d’effets de lumière… l’art, comme oberdorff nous le montre dans sa pièce grandiose, incarne une force positive qui lutte contre ce naufrage. ...


El Mundo / El dia de Baleares (elmundo-eldia.com) (Espagne)    08.02.2003 

... sans oublier Eric Oberdorff qui à sa condition de danseur exquis allie celle de promesse émergente du milieu chorégraphique ...


Ballettanz Aktuell / le livre de l’année 2001 (Allemagne)   9.2001

... selon Klaus Witzeling (Hamburger Abendblatt), le "jeune chorégraphe émergent de l’année 2001" est Eric Oberdorff. ...


Ballettanz Aktuell (Allemagne)   8/9.2001

... Compétition de Hanovre…Le Premier Prix revint à Eric Oberdorff des Ballets de Monte-Carlo pour son subtilement spirituel, transposé avec délicatesse "Impression lumières fugitives" ...


Nice-Matin (France)   02.10.2000

… Eric Oberdorff a déjà un style à lui, une écriture sombre d’écorché vif. Il y a beaucoup de force dans son "Psaume" pour duo d’hommes ...


Nice-Matin (France)   20.6.2000

…Eric Oberdorff, des Ballets de Monte-Carlo, produisit un ballet pour deux hommes, "Psaume", qui est l’une des choses dansées les plus remarquables qu’on ait vu ces derniers temps à l’Opéra ... 


Neue Zürcher Zeitung (Suisse)   7.7.1997

… sont particulièrement remarquables les pièces du jeune français Eric Oberdorff, qui a chorégraphié des pas de deux et solos passionnels ...